Poésie

Poèmes des années 90

Écrit par Théophile. Publié dans Poésie

Poèmes

       Dans ces années-là, j'écrivais des poèmes: j'allais dans la forêt, un peu n'importe où dans le Jura, mais surtout sur la Roche d'Antre. J'y allais par tous les temps. En hiver, j'aimais entendre les craquements de la glace laiteuse du lac d'Antre. J'aimais aussi voir le passage d'une petite meute de lynx. C'était un moment où je me ressourçais: je lisais, j'écrivais, je contemplais au loin la chaîne du Mont Blanc. Je communiais avec la nature et aussi avec mon histoire: j'avais devant moi le panorama de toutes mes ballades et dans le contre-bas, le trou de Saint-Claude et cette Maîtrise qui avait été ma première sortie hors de ma tribu!

     Ces quelques poèmes donne un goût de tout ce que j'ai pu écrire et inventer alors: le reste s'est envolé dans les nettoyages successifs...


L'innocence

L'innocence, lumière noire de l'enfant

Dans un pull débordant attend

se défend d"un monde trop regardant

L'ami

Laisse-la bousculer tes plans

Elle te fera voir autrement

 

Le Temps

 

Le temps du non-temps

Du plein temps

Du mitan

A tout temps

Tant pis

Ou tant mieux

Sentant l'antan

Hantant ton temps

J'entends le vent d'autan

Murmurant

L'entente


Recréation

Jaunes, éclatements des puanteurs modernes

Je me souviendrai de tes soleils palpitant

Dans des cœurs vieillis à de sombres poternes

Successions de fatalités avidement

 

 

Féroces appétits de longs instants si ternes

Feux sourds d'un lourd torrent de rages écumant

Fleuves saouls d'une mollesse bleuie de cernes

Sont-ici ces grands soirs accomplissant les temps

 

Paillettes de verdeurs aux fonds de ces moiteurs

Je vous dirai de l'éternité les lueurs

Fleurs en pleurs de tous ces matins ressuscités

 

 

Émergence de cimes durement gravies

Puretés de cet hymne en tout homme enfouies

Fin filet murmurant aux monts de nos étés

 

Sonnet le 25 juillet 1992

 


Amertume

La violente

Fin affamée

N'est pas une rente

Sur la terre à glaner

La menthe

Sous les souliers

De la sente

Reste plantée

Laisse-moi rêver

D'autres sphères moins amères

 

le 22 juillet 1992


 

La dérision

"A la fin des temps, il y aura des moqueurs marchant selon leurs convoitises impies". Ce sont eux qui créent la division, ces êtres "psychiques" qui n'ont pas d'esprit." Jude, 12

 

Dérisoire dérision dévidant la bave

De la rage de toute sage indifférence

Intolérante amante de nos mille pages

Vide l'espace de tes vaines références.

 

Notre monde mendiant un audimat croissant

Se gausse de ses désespérés, affamés, torturés

Il se voit voyeur de ses horreurs télévisant

Mythe sauveur d'une femme à la mort jetée

 

De collectes en publicités capotant

Crois-tu exorciser tous tes mots clapotant

Dans ton cinéma illusoire sans espoir

 

Non, hais ta triste tunique contaminée

Arrache au feu ton cœur nombrilisé

Dans l'Esprit de ton Dieu abandonné miroir

 

"Il vit que cela était très bon." Genèse,

Allez le dire...

 

 

Le 9 février 1993 au Mont Roland

 


Féminin . Masculin

Tout disparaît dans une création

A l'aube d'une prise de fonction

Chaos originel, Tohu-bohu de l'informe

Source d'une fécondité mêlée

Dieu

Seul

Et trois

Adam dans Eve comme Eve dans Adam

Quelle idée d'avoir séparé l'eau de la terre?

L'air du feu?

Homme chaos, à l'image de Dieu chaos

Source mêlée veut démêler ce qui en lui est emmêlé

Ennui et plaisir dans l'être embrassé

En deux êtres développés, déployés

Autour de l'arbre

révélés


 

 

Autorité – auteur – actores – créatores

 

Le diaconat, un ministère de service est un pléonasme, premier pas d'une Enlise abandonnant sa vocation universelle pour se refermer

frileusement dans son institution

 

La charge pesante du cadre reliant

L'humanité béante dans une attente

D'une parole délivrée absolue vérité

loin d'être contestée est recréée

Pour charger les velléités naissantes

Sous la chape chaperonnante

Ainsi va l'homme enchaîné

Des rêves libérés

 

 

L'imagination

L'imagination s'imagine imaginante, illusion d’imagination, fabrique d'imagination répétition

Quel ennui!

Où va l'homme enchaîné

Des réalités révélées

 

 

 

 

La réalité du pouvoir, pouvoir du père

Force violente imposante repoussante

repoussée recherchée aimée

Dans un acte de rupture délibérée

Suprême avancée de deux libertés


 

 

 

« Musique du magnificat»

De la musique avant toute chose!

 

Je ne sais pas ce que je vais dire, mais après m'être reposé,,

avoir fini ce bouquin,, m'être détendu dans cette nature que

j'aime, je crois que je retrouve ma paix,, mon calme dont j'ai

tant besoin ces temps, nous sommes le trois janvier 1992 déjà,

non le quatre,

 

Écoute la route

Toi qui me doutes

vive la paix

Toi qui m'en fais,

 

Histoire en plusieurs temps

Histoire d'une génération

 

Plaine de passion

Vide

Creuse

 

Voilà ce que je vais commencer

Narrateur à la première personne,

Mais si je suis présent envahissant,

Lecteur , dis-le moi ,

Je m'effacerai , j'ai 1'habitude ,

On m'y entraîne ces temps»

Magnificat de l'Antre sombre sur un lac gelé

 


Au beau milieu des petits d'hommes

 

En tout Honneur et toute Gloire

Sur un vide qu'ils 1aissent en mon cœur

Quarante neuf ans, c'est vraiment tout un bail:

Beaucoup de choses en moi tournent dans le vide,,

Blessures, cassures, ruptures, normales

 

Mais qui pour mon sens sont dures à encaisser ,

Elles se font toujours contre « moi , ce que je vis,,

En moi tout est foutu en l'air au niveau de l'homme; de ma vie

de mes souhaits les plus profonds,de la vie avec eux,c'est dur

d'être devenu la dernière roue de la charrette, et de plus les

avoir comme partenaires ou plutôt de ne pas les trouver comme

partenaires , a1ors que j'en ai tant rêvé !

 

C'est là où toute une vie est à réviser, toute à

revoir! Erreur de jeunesse, erreur de mariage

je pouvais réserver une grande liberté avec les enfants

 

II me faut me retrouver en face de moi, que je me regarde seul

et que je bâtisse quelque chose mais sans cesse, ce serait

trop simple si c'était comme cela,, sans cesse il faut

envisager pour soi. et sans cesse ils reviennent interférer

dans cet espace que je ne peux plus maîtriser et si je veux le

maîtriser, ils se sentent écartés et cette attitude peut leur

paraître monstrueuse, inacceptable comment faire pour me

c'est normal construire ailleurs? Comment faire? Oui,

vraiment comment faire?

 

Oui,, vraiment quelques règles à mettre en œuvre pour

continuer d'exister ne considérez pas que chez moi, vous êtes

chez vous,, je refais ma vie en dehors de vous, c'est normal

pour vous , c'est aussi normal pour moi,,

J'ai l'impression d ' être centré sur mon moi,

fermé sur un moi qui ne cesserait de grossir

la prétention à tout le contraire; je deviens de plus en plus

méfiant, offrant difficilement mon amitié, rencontrant

janvier 1992

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