Idées reçues

Le respect

« Je vous respecte. Vous êtes vieux, je vous dois le respect. »

 

Voici ce que mon voisin maghrébin de la chambre d'hôpital m'a répété plusieurs fois dans cette longue journée d'été. J'ai la tête plus que grisonnante et lui est un jeune père de famille : il est sans cesse au téléphone à sa femme, à un médecin, à son entreprise. Je suis obligé de suivre sa conversation, sa peur de ce qu' "ils"  , c'est-à-dire la toute jeune médecin , veulent lui faire, une ponction lombaire, sa marmaille qui crie derrière sa femme un peu dépassée, l'entreprise qu'il n'avait pas prévenu de son absence. Et tout ceci se fait sur un fond de télévision. Il m'a dit qu'il me respectait et maintenant il vaquait à ses occupations : il m'avait bien rangé dans le placard.


  Vers 19heures trente du soir, voulant sortir de mon placard, je lui demande si ce ne serait pas trop difficile pour sa femme et le coucher des enfants ce soir en son absence : « Mais , Monsieur, j'apprends le respect à mes enfants. A 20 heures, ils sont tous couchés et pas un ne bronche. S'il y en a un qui ose bouger, il est vite remis au pas et il ne peut que s'en souvenir longtemps. Je leur apprends vraiment le respect ! »

 Je rentre dans mon placard. La télévision fonctionne de plus bel, ce sont les informations de 20 heures: ah non , il zappe pour rejoindre des jeux. 21 heures toujours la télévision : respectueusement je demande si ce n'est pas possible de baisser le son. 21 heures 30, je lui dis que je vais dormir. 22 heures, je tourne et retourne sur mon lit depuis un bon moment, et cela continuera encore longtemps. 23 heures, n'en pouvant plus, je mets l'oreiller sur mes oreilles pour essayer d'atténuer le son et m'endormir. Mon brave homme semble comprendre : il arrête la télévision...

 Ah oui ! Parlez-moi de respect. Ce même homme a été le premier à dire qu'il n'y a plus de respect dans la société : si cela ne tenait qu'à lui, il aurait vite fait de rétablir le respect... « Moi par exemple je vous respecte » , n'a-t-il pas cessé de me répéter dans la journée ! 

 Le respect, c'est mettre les autres dans un placard pour qu'ils ne viennent pas gêner mon égoïsme.

dogme et doctrine

     La doctrine est une saine doctrine ou suivant le lieu une sainte doctrine . Le dogme est un point de la doctrine déclaré intangible: hors de ce dogme , tout s'écroule . La doctrine et le dogme requièrent la foi de celui qui la professe : la doctrine de la foi dans une religion, les dogmes d'une religion , la doctrine d'une idéologie , les dogmes d'une idéologie , on adhère à un parti , à sa doctrine, à ses dogmes... Nous sommes dans une démarche religieuse au sens étymologique du terme , ceux qui adhèrent sont reliés dans un réseau de liens doctrinaires , dogmatiques.

     Les deux termes , doctrine et dogme , viennent du même verbe grec "dokeo" "j'enseigne", "dokein" "enseigner" j'enseigne les choses qu'il faut savoir, au-delà est l'ignorance: Ceux qui sont hors de ce cercle doctrinal ou dogmatique sont des exclus qu'il faut éclairer et intégrer , ou bien si ce n'est pas possible de les attirer ou de les intégrer , il faut les faire disparaître du paysage.
La doctrine comme le dogme est un espace clos qui rejette tout ce qui ne se conforme pas à elle, qui exclut et qui cherche à éliminer par tous les moyens non seulement ce qui refuse de s'intégrer mais aussi ceux qui refusent d'intégrer le cercle doctrinal.

     Toute religion de par sa doctrine et de par ses dogmes est dans cette démarche mortifère :l’Église en a montré l'exemple pendant des siècles par l'Inquisition , service qui existe toujours au Vatican , même si le nom a changé , même si elle ne peut plus tuer concrètement : et pourtant elle continue à tuer les consciences . Elle affirme ce qui est , selon elle , la saine doctrine , la sainte doctrine , et les fidèles sujets doivent se soumettre . C'est la base même de cette foi dogmatisée où tout devient "non-négociable" pour reprendre le discours ambiant doctrinal du Vatican et de l'épiscopat en général.

     Cette attitude religieuse n'est pas le monopole du christianisme , mais bien l'attitude de toute les religions , la tendance de toutes les idéologies qu'elles soient laïques ou partisanes...

     Le paradoxe de ces intégrisants de tout poil et de tout genre est leur croyance en leur liberté propre , en leur vérité au détriment de la liberté et de la vérité des autres..

    Les chrétiens qui parlent de doctrine et de dogme et se battent pour une morale qu'ils s'inventent , ignorent volontairement une chose simple : le Christ n'a délivré aucune doctrine , aucun dogme , aucune morale . Par la vie qu'il a menée , Il a montré un amour sans limites , cette vie d'amour sapait les bases du système religieux d'alors et les religieux de l'époque ne s'y sont pas trompés : pour eux cet homme cassait « l'ordre social établi » , qui plus est, le système Lévitique qui était leur gagne-pain et leur propre pouvoir...

     Le Christ n'a pas délivré de doctrine , encore moins de dogme : il a simplement dit :"Je suis la Vérité , je suis la Vie. " "Qui me suivra aura la Vie éternelle" Il n'a pas délivré un enseignement , il a invité tout homme à le suivre et à essayer de caler son attitude et ses choix de vie sur Lui, d'essayer de l'imiter dans l'amour : chacun avec ce qu'il est , avec ce qu'il comprend dans chacune des situations où il se trouve, le suit en imitant des attitudes que le Christ a eues dans sa vie , et à ce moment -là, il est dans le « vrai » selon le Christ , dans la « vraie vie »... Cette vie d'imitation de l'amour ne peut être que singulière: chaque homme écoute le Christ avec sa propre intelligence des choses et essaye de le suivre à sa manière dans chaque situation où sa propre vie le met.

Culpabilité

La culpabilité

A-

     Ce sentiment est répandu dans le monde des hommes: il est purement païen. Le disciple du Christ se sait pardonné et aimé au-delà de tout: il ignore la culpabilité . Donc beaucoup de chrétiens sont païens.

B-

     "La culpabilité est l'hypocrisie du moment : les bons apôtres hypocrites culpabilisent les bonnes gens et leurs demandent de payer leurs dettes de « coupables »... N'est pas forcément coupable qui ont croit : Tartuffe domine la scène sans remords et les Raminagrobis exploitent à fond la culpabilisation et se nourrissent grassement de toutes ces chairs fraîches qui tombent sous leurs griffes.

C-

    "On connaît tous l'histoire des trois messes basses du Curé de Cucugnan qui s'enfila en un temps record son devoir : vous imaginez trois messes en un quart d'heure , même l'évêque du lieu n'arrivait pas à rivaliser : un quart d'heure pour une messe basse . Vous imaginez bien que moi , le pauvre enfant de chœur, je ne savais plus où ll en était, les formules du latin de cuisine (c'est le cas de le dire) se bousculaient dans ma tête, j'arrivais à la fin du charabia que je croyais en être au début, je sonnais ma   petite clochette à temps et à contre-temps...

     Mon évêque répondait à l'appel du ventre comme le curé de Cucugnan, il a eu ôté les vêtements sacerdotaux à une vitesse foudroyante. Je restai baba devant cette hypocrisie que je ne décryptai pas sur le moment. Je me sentis coupable de n'avoir pas su servir dignement l'office du prélat.

 

 

 

 

La beauté

La beauté

A-

     La beauté n'a jamais autant été contestée par tous ceux qui se targuent d'une certaine connaissance en la matière: elle est une pure abstraction qui court après sa définition. Un jour, on trouve une chose belle que la veille on n'avait pas encore remarquée. Je t'aime beauté, car toi seule sait donner un sens à ma vie. Tous les cuistres n'y peuvent rien...

 

B-

     Elle était folle de sa beauté. Tout le monde semblait tomber en arrêt devant ce que le miroir tous les soirs lui renvoyait. Elle ne pouvait pas se douter de l'horrible décomposition cadavérique qui animait déjà l'envers du décor et que l'amant répugnant embrassait inconsciemment...

C -

La beauté aime la laideur qui le lui rend bien

"La beauté aime la laideur qui le lui rend bien

Vérité

 Ah! Vérité si je te tenais!

     La vérité est prisée par tout le monde, or c'est une abstraction immonde faite pour entretenir l'illusion de sa propre maîtrise sur le monde: l'homme aime vivre dans son mensonge, l'histoire qu'il se construit, vraie à ses yeux, ne laisse aucune place à l'histoire des autres et s'impose comme l'Histoire absolue. L'autre n'a de place que dans la mesure où il me reconnaît démiurge...

    La vérité de chaque groupe ou communauté est la transposition de ce moi dans un moi commun tout aussi trompeur: rien n'est relatif. Ce moi commun est le seul vrai à ses yeux et doit s'imposer comme l'histoire absolue: les fous de dieux en tout genre sont prêts à tout pour éliminer toute relativisation de leur Histoire. Benoît XVI, le bien nommé très étroit par mes amis suisses, n'a de cesse de rappeler que le Mal absolu, ce sont Les Lumières. Le Mal ambiant, c'est le relativisme qui dilue la certitude du message transcendantal dont il est le seul dépositaire avec tous les rouages de son institution: les Ayatollah en tout genre ferment leur groupe autour de la Vérité, axe du Bien contre l'axe du mal à coups de terrorismes médiatiques, d'exclusions de la communauté des humains et de droit de vie et de mort. La martyrologie est devenue un instrument favori de toute cléricature de quelque religion de la Vérité qui court dans notre monde.

     Aujourd'hui; le religieux tue et la cléricature prospère: la vérité maffieuse, people, économique, financière, morale rend justice « haut et court ».

 

     Le monde a tué la seule vérité qui n'ait pas été une abstraction, il l'a accrochée sur une croix, et le monde, aujourd'hui, continue de tuer l'homme à la croix de toutes ses idéologies...

 

     La vérité a perdu tout sens philosophique. Elle n'est plus extérieure à l'homme. Elle n'est plus ce quelque chose dans l'homme, qu'une bonne maïeutique révèlerait. Elle est le Fils, qui nous montre son Père et son Esprit. La vérité est cet homme qui ne se définit pas dans des mots, qui ne se laisse pas saisir, mais qui appelle à faire route ensemble « Viens et suis-moi »: sur les chemins de la vie: avec lui, l'homme devient libre, personne debout, découvre un frère et des frères, un Père et un Esprit, il se découvre appelé à devenir ce qu'il est.

     La fraternité abat les frontières de l'abstraction. Le frère rencontré révèle ma fraternité. Le Fils rencontré montre le Père: « qui m'a vu, a vu le Père ». Je me découvre directement relié au Père: plus besoin de passer par un détenteur du pouvoir, par un clerc, le rideau du temple est déchiré! Plus besoin non plus de faire des salamalecs, des rituels initiant à un monde sacré: tout le bazar communautaire n'est que commerce: il empêche d'entrer dans « la Maison de mon Père ».

     La fraternité ne fait pas la morale, elle n'est pas morale. Elle fait exploser les frontières de toute communauté, de toute caste et de tout axe du bien et du mal. Elle ouvre à la résurrection d'une chair humaine universelle, à l'Histoire d'une création en marche vers un accomplissement, à la vie de l'amour plus forte que la mort: par Jésus, je suis déjà ressuscitant avec des frères, et bientôt par le Christ ressuscité à une vie d'amour auprès d'un Père et d'une communion des hommes de tous les temps.

 

Le Christ n'était pas clerc

Jésus n'était pas religieux

Le nazaréen n'était pas un idéologue

 

     Sortons de nos carcans: le lévite n'a pas su regarder le pauvre dans le bas fossé du chemin, les marchands du temple en barre l'accès et le tentateur promet un royaume qu'il n'a pas.

     Ne soyons donc ni des clercs, ni des religieux, ni des idéologues, mais vivons sur la route de ce frère, né et mort dans notre histoire, ressuscité, chemin d'espérance d'une vie déjà là et bientôt auprès de son Père.

 

 

La morale

Morale

A-

    Ce qui reste quand tout est perdu: on fait la morale. On joue les justiciers. On est effarouché. On sait où est le bien et on désigne le mal. Le père la morale embête tout le monde avec ses sermons. La morale est un succédané de la mauvaise conscience que tout homme croit être le seul à posséder. Cette morale populaire est répandue partout surtout pas seulement dans le peuple. Il existe une autre morale, mais celle-ci n'arrange pas la conscience des "bien-pensants" de toute catégorie, parce qu'elle oblige à se regarder et à s'accepter. Nul n'est parfait!

B-

    Regarde ton voisin, tu verras qui tu n'es pas. Regarde-toi, tu ne jugeras plus les autres. Regarde ton miroir, tu ne t'y trouveras pas. Regarde en toi et l'aventure commencera. Aime et fais ce que voudras.

Le relativisme:

Le relativisme:

     Le relativisme est souvent contenu dans l'expression courante  "Tout est relatif". C'est une manière de penser qui court les rues et qui est condamnée par les groupes de pensée totalitaire détenteurs de leurs vérités , de leurs certitudes : ces groupes sont nombreux, ils sont souvent religieux, mais, aussi idéologiques politiques, économiques...

     L’Église Catholique en tant qu'institution, c'est-à-dire fondée sur un pouvoir à sauvegarder, en fait partie.

     Pour ces groupes , le relativisme équivaut à l'indifférence : il est donc à condamner par tous les moyens, de l'exécution à la manif pour tous, des bûchers aux marches expiatoires éradiquantes, la Saint-Barthélemy pour tirer un exemple trop connu de notre histoire. Les marches balkaniques, islamiques, africaines, américaines, asiatiques ne manquent pas dans l'actualité totalitaire religieuse, politique, capitaliste du XXI° siècle.

     Ces « braves gens”, “ces braves chrétiens » oublient que les sciences montrent combien tout n'est que relations et qu'il y a danger mortel à être indifférents, danger pour l'eau, l'air, le climat, la planète, les populations. Et les catholiques qui devraient être les premiers à cultiver cette conscience, oublient leur croyance en la Trinité et leur enseignement sur la Trinité, où ils croient pourtant et nous apprennent que tout n'est que relations entre les personnes, entre les choses, entre les idées, relations et interactions : tout est relatif à l'autre, aux autres ; cela ne peut être relations d'indifférence.

     Qui peut être indifférent à l'action que l'autre a sur lui, que lui a sur les autres ?

     Quelles sont les relations qui agitent la Trinité et qui interagissent dans la Création ?

     Ce sont des relations d'amour dans la Trinité et dans le monde des relations d'amour, de haine et d'indifférence.

     Peut-on appeler le relativisme « indifférence », comme le clament ces « bons cathos » à la suite de leurs saints papes Jean-Paul II et Benoît XVI ? 

     Si nous retournons dans l'étymologie du mot « relativisme » , c'est cette théorie raisonnable selon laquelle on ne doit jamais penser les choses seules, isolées, mais on doit les envisager en relations les unes avec les autres, dépendantes les unes des autres, interagissant entre les unes et les autres, n'existant que dans une coexistence.

     Le relativisme devrait être la base du Christianisme.

     L'Institution Catholique, qui condamne le relativisme n'est donc pas chrétienne !

 

Certitude contre doute

Certitude

      Rien n'est plus prisé que les certitudes. Et pourtant, il n'y a rien de pire. Elle vous mène par le bout du nez et vous transforme en pantin...

Doute

      Le doute n'est pas aimé. Il est douteux, disent les bonnes gens. Si je doute, je perds mon identité, mes repères, mon sens moral, ma foi. Je ne peux plus avoir bonne conscience. Le droit chemin n'est plus tracé...

     Toutes les personnes normalement constituées aiment les certitudes aux contours nettement dessinés, quitte à prendre des vessies pour des lanternes. On n'est pas regardant avec les affirmations péremptoires, les inventions pures fictions d'une réalité qu'on vous vend bien cher!

     Il n'est pas douteux que douter est le premier pas vers la liberté de penser, vers la conscience de soi. Descartes nous l'a enseigné, Les penseurs post - modernes, les carabins du Vatican, les gourous venus d'Amérique et d'Angleterre, les coachs de produits financiers en tout genre ont envoyé promener Descartes et sa raison... Ils veulent pouvoir vendre bien cher leurs inepties irrationnelles dans un monde consommateur. Leurs propagandes se vendent bien: on fait même la guerre pour cela. Inquisitions, meurtres, viols éclatent sur tous les écrans cathodiques, boursicotant sur les chaires humaines qui peuvent rapporter...

    Le doute, lui, n'est pas vendable!!!

Demandes de pardon

      Mais d’où sort-il, cet homme ?

     Certains sont tentés de le montrer comme un type qui a mal commencé et qui a mal fini, et cela est vrai : il n’y a rien de glorieux dans son origine. Il est né dans un peuple de parias, méprisé de tous les voisins. Le nez tordu et épaté de la fouine va alimenter encore bien des siècles de racisme : le rôle de bouc émissaire leur va bien, il ne nous émeut pas trop. Certes nous nous sentons gênés quand des fous politiques décrètent des exterminations un peu trop voyantes. Nous culpabilisons d’une manière démesurée, nous construisons des carmels expiatoires sur les lieux de nos hontes. Nous formulons des demandes de pardon face à un monde qui n’en a rien à faire, mais qui a l’impression d’être soulagé d’un poids où la morale sort renforcée par une absolution autoproclamée.

La solitude des nombres premiers

La solitude des nombres premiers

 

    Souvent il est facile de jouer sur les mots : s'il est vrai que les nombres premiers sont tous uniques et que l'on n'a pas fini de les répertorier ou si l'on veut de les trouver, ils ne sont pas solitaires et surtout ils ne s'ennuient pas dans un destin enfermé dans leur immuabilité.

    Les trois premiers donnent le ton à tous les autres. Le "un" qui divise tous les nombres, qui se divise lui-même en rien d'autre que lui-même, est vraiment unique dans sa simplicité absolue, il ne partage avec personne un sort immobile, accepté avec la fatalité d'une destinée contre laquelle on ne peut rien. Le philosophe Sartre pense que comme le rat qui , en fond de cale du bateau, devant le fromage qui est dans le piège, il n'a rien de mieux à faire que de manger le fromage. Le « un » est plongé dans la solitude de sa destinée, l'autre pour lui n'existe pas.

    On pourrait penser que le deuxième nombre premier nous sort de cette solitude tragique.

    "Deux" se divise par lui-même pour ne faire plus qu' "un", "deux" se divise aussi par "un" pour obtenir un ensemble de deux solitudes fusionnées : dans ce rapprochement hasardeux, ils forment un duo d’ "ego", un miroir qui à force de se refléter  sur la solitude de l'autre entre en un duel sans pitié...

    "Un" et "deux" sont des nombres bien tristes : ne décrivent-ils pas exactement ce qui se passe dans la vie ? Un vrai miroir aux alouettes !

    "Trois" nous fait sortir de ce piège. Avec "trois" fois "un" nous entrons dans un singulier pluriel : "deux" ne se contente plus d'une fusion confusion, il entre en relation. Chaque unité , gardant son unicité, s'additionne avec l'autre. Et que faire de la troisième ? La troisième, sommet du triangle parfait , quelque soit le côté où on prend ce triangle, elle harmonise les écarts, elle devient l'esprit de la dualité, elle constitue un réseau trinitaire qui, sans cesse, s'équilibre et qui, sans cesse, se dépasse dans une fécondité jamais installée.

    Et si vous faites le repérage des nombres premiers aussi loin que vous pouvez aller, vous découvrez qu'ils développent un nombre de plus en plus infini de réseaux trinitaires parfaits : la fécondité des nombres premiers n'a plus de limites. Nous pouvons rejoindre ce mathématicien , amoureux des nombres premiers , qui affirme que les nombres premiers décrivent les comportements humains et que nous n'avons pas cessé d'être surpris par ce qu'ils ont à nous apprendre ! Les couples plus "un" ne sont plus "duos" , et ou puis "duels" : à eux s'ajoute toujours cet esprit de vie de leurs relations, désir de fécondité , créateur de sens, inventeur d'une direction. Les nombres premiers démultiplient les relations plurielles d'une manière exponentielle , de plus en plus complexifiées . C'est un pluriel qui a toujours le même noyau, à l'image de la Trinité : de "deux" répété à l'infini émane un esprit - invitation à la compréhension du monde et à une présence active dans histoire...

Le chiffre 3 dans la Bible et ailleurs

Le chiffre 3 dans la Bible et ailleurs

     Le pluriel n'est pas à partir de deux... Le « un » sans « trois » n'est rien... L'unicité est forcément pluriel !

    Quand Abraham doit choisir des animaux pour le sacrifice, avec chaque animal le rédacteur de la Bible a mis le chiffre trois que les traducteurs de la Septante ont traduit par année pour la génisse, par mois pour les oiseaux, etc. Le chiffre trois est employé dans une valeur symbolique: Il ne désigne pas l'âge, mais il signifie le fait d'être parvenu à un stade accompli, à une plénitude de développement, à une unicité complète: la génisse, l’oiseau sont en pleine possession de tous leurs moyens, de tous les rôles jouables.

    Les trois hôtes devant la tente révèle le vrai nom de Dieu. Les trois dieux chez les grecs (Zeus et deux autres) représentent l'unicité, l'Olympe avec tous ses dieux. La Trinité , les trois rôles, représentent l'unicité, Dieu.

    Trois rôles, trois personnages, sont nécessaires pour définir l'unicité de Dieu: le deux , duo ou duel, est incomplet; l'unicité commence à trois. A partir de trois fonctions, le « un », l'unicité, la plénitude du « un » existe et se prolonge indéfiniment dans les nombres premiers.

Littérature

La littérature

Elle est présentée comme un instrument de détente et de culture à la fois: "j'aime lire" entend-on volontiers...

En nous tous se trouve niché un désir de simplification dans l'intelligence des choses: une tendance à voir les choses immédiatement, manichéennes, cela répond à une attente des masses. Est-ce bien de la littérature que cette culture de masse ? N'est-ce pas plutôt l'opium du peuple?

En effet la littérature ne nous emmène-t-elle pas hors de nos chemins battus? Elle existe pour nous rendre la vie plus compliquée: elle casse la séparation anesthésiante du bien et du mal, nous sommes conduits à abandonner nos certitudes. Elle nous montre que les choses sont plus compliquées

 

 

les prêtres, un ordre

Les prêtres : un ordre?...

PRESBYTERORUM ORDINIS

de l'ordre des prêtres qui en fait un monde supérieur et à part

 

      Question pour commencer :

Quand on dit « prêtre », vous pensez à …

Autour de vous comment parle-t-on des prêtres ?

Vous auriez à faire le portrait d’un prêtre, comment le présenteriez-vous ?

 

D’après votre expérience (de croyant de quelque religion que ce soit , chrétienne ou autre, jusqu'à la religion athée) comment définiriez-vous le ministère des prêtres de votre religion ?

 

     Il sera intéressant de lire ce commentaire qui part de Lumen Gentium où on trouve une affirmation très forte sur le rôle unique du peuple de Dieu sans distinction du laïc et de l'homme ordonné/ tous égaux dans le baptême/ Et pourtant !

    En effet, tout de suite après sans transition pour moduler une logique acceptable, la réflexion se repositionne dans le sujet du concile : la place du prêtre « à côté» de l'évêque dans la suite de la réflexion du concile de Trente qui, lui, avait à répondre à Luther et à un humanisme naissant. La vraie réflexion sur le peuple de Dieu biaisée lors de la Réforme pour contre-argumenter les « errements humanistes » n'a pas eu lieu lors du concile de Vatican II et pourtant plus de quatre siècle les séparent : l'affirmation initiale dans Lumen Gentium est le seul point d'ouverture vite refermé pour transférer l'image du corps du Christ et de sa tête au corps ordonné, tête d'un corps non ordonné, c'est-à-dire qu'on se raccroche encore une fois au système lévitique avec des clercs qui sont d'une autre essence et des laïcs qui n'ont que le baptême qui seraient ainsi des sous-essences, qui n'auraient pas la plénitude de la « prêtrise », le « don de prophétie » et la « royauté », c'est-à-dire le plein et entier pouvoir de gouverner, de rendre grâce, et d'annoncer « la Bonne Nouvelle » dans la bonne manière !...

     Je développe plusieurs aspects de ce cléricalisme « ante Jésus-Christ » dans d'autres endroits : c'est bien cette raideur d'une Église qui se dit catholique, mais qui est avant tout romaine d'il y a 1700 ans, c'est-à-dire constantinienne et impériale , et n'est-ce pas elle et toutes sortes de chrétiens, de croyants figés de toutes sortes de religions et d'idéologies, qui aujourd'hui empêchent la Bonne Nouvelle du Christ de rayonner, d’attirer et de rendre libres.

    La conscience libre de l'homme moderne a du mal à se laisser enfermer dans la notion étriquée « du fidèle laïc »,

et Heureusement !

 

     Maintenant je vous invite à lire ce texte pédagogique de Michel Kubler, journaliste à la Croix pour expliquer le document du Concile Vatican II ; PRESBYTERORUM ORDINIS, de l'ordre des prêtres :

1 – Le contexte

     Le concile s'est préoccupé des prêtres, en particulier dans le décret Presbyterorum Ordinis (P.O.).

 

a) Repérons dans un premier temps le contexte dans lequel on se trouvait avant le concile.

 

     La guerre avait opéré un brassage social. Le monde ouvrier, mais pas seulement lui, était déchristianisé. L'abbé Godin publie son livre-choc "France pays de mission ?" en 1943. Des prêtres avaient déjà une conscience aiguë de la mission. En France l'expérience des prêtres-ouvriers commencée vers 1944 fut stoppée net par Rome en 1954.

     Des signes de changement se font jour : c'est la (re)découverte de la Bible, que les laïcs eux aussi commencent à ouvrir ; c'est le début d'un renouveau dans la liturgie; l'œcuménisme progresse lentement.

     En même temps dans la société des changements sont visibles : l'évolution économique et sociale marche à bon train. C'est l'époque des "trente glorieuses", mais aussi d'un exode rural important. Dans une société qui a changé, la place du prêtre est remise en cause, on parle dans l’Église du "malaise" des prêtres.

 

     Au moment du concile, les prêtres se posaient des questions, notamment sur leur formation, sur leur mode de vie, et surtout  sur la nature de leur mission. Beaucoup de prêtres-ouvriers, de prêtres engagés dans la société par l'action catholique, bousculés par l'appartenance à une classe ouvrière ou bourgeoise, ou paysanne,... étouffaient dans leur enfermement clérical sans toutefois renoncer à ce cléricalisme : aumôniers, ils dictaient aux laïcs la voie à suivre qui dans son syndicat, qui dans son entreprise, qui dans son commerce, qui dans sa responsabilité politique, qui dans sa vie conjugale, etc. Si vous ne me croyez pas, tant pis pour vous, c'est ce que j'ai vécu !

 

b) Comment le décret P.O. a-t-il vu le jour ?

 

     L'élaboration fut lente et laborieuse, en plusieurs étapes.

     Le concile a tardé à prendre en compte les prêtres, s'attachant d'abord aux évêques et à la collégialité entre eux, et aux laïcs. Plusieurs schémas préparatoires proposés sur le statut clérical, ainsi qu'un message destiné aux prêtres du monde entier, n'aboutirent pas.

     Des rédactions successives du décret firent passer d'une perspective morale ou canonique à une perspective théologique.

 

     Le concile avançait, les sessions se succédaient, et c'est la constitution sur l’Église, "Lumen Gentium" (L.G.), en novembre 1964, qui précisa les choses en donnant dans son paragraphe 28, les bases doctrinales du presbytérat. C'est donc à la lumière de L.G. qu'il faut lire P.O., mettant en lien les prêtres avec la charge pastorale des évêques.

 

     Voté en toute fin du concile, à la veille de la clôture, ce décret, Presbyterorum Ordinis, a bénéficié de l'apport de toutes les réflexions et de tous les textes précédents.

     Constitué d'abord de simples propositions, il a pris ensuite la forme d'un projet de décret pratique, avant de devenir le document que nous connaissons, qui clarifie des distinctions : il distingue les fonctions des états de vie ; il distingue les ministères (ou services) des charismes. Cela a des conséquences concrètes sur la vie des prêtres :

d'abord ministres de la Parole,

puis ministres de l'eucharistie, et des sacrements,

puis éducateurs, et pasteurs (participant à la charge pastorale de l'évêque),

membres du monde,

membres de l’Église comme tous les baptisés,

collaborateurs de l'évêque dans le presbyterium,

pour être signe du salut.

     On voit le pot pourri qui a permis de mettre tout ce monde des années soixante d'accord. Et aujourd'hui on voit que rien n'a été réglé : les distinctions sont autant d'exclusions, les états de vie excluent des fonctions, les charismes excluent des ministères. L'homme d'aujourd'hui a une vision moins soumise des fonctions, des ministères parce qu'il en a une expérience solide et différente, Les charismes sont sortis de leur enveloppe réservée et sont reconnus dans leur diversité, les états de vie ont quitté l'espace traditionnel où l'histoire les a placés : ils ont pris une place à la fois différente et mouvante dans l'espace et le temps d'aujourd'hui, et les explications traditionnelles pour les justifier ne résistent plus aux assauts d'une nouvelle conscience personnelle devenue plus libre..

 

 

2 – Trois extraits du texte avec une grille de lecture.

 

20 – introduction :

     A partir de la réflexion faite dans LG, les évêques du concile vont présenter « de manière plus détaillée et approfondie » le ministère des prêtres. Nous sommes à la fin du concile, les prêtres attendent une parole claire les concernant, qui précise leur mission. C’est donc à partir de la réflexion déjà faite qu’est pensé le ministère et la vie des prêtres.

 

 

21 – Nature du presbytérat ou D’où viennent les prêtres ?

     Le concile de Trente avait défini le ministère des prêtres à partir de la réflexion faite sur le sacrement de l’Eucharistie. Il   fallait répondre aux thèses de Luther.

     Le concile Vatican II ayant développé une réflexion sur l’Église vue comme Peuple de Dieu et Corps du Christ où tous ont égale dignité dit ceci au paragraphe 2 :

 

PO 2     Le Seigneur Jésus, "que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde" Jn 10,36, fait participer tout son Corps Mystique à l'onction de l'Esprit qu'il a reçue (1): en lui, tous les chrétiens deviennent un sacerdoce saint et royal, offrant des sacrifices spirituels à Dieu par Jésus Christ, et proclament les hauts faits de celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière(2). Il n'y a donc aucun membre qui n'ait sa part dans la mission du Corps tout entier ; chacun d'eux doit sanctifier Jésus dans son cœur(3) et rendre témoignage à Jésus par l'esprit de prophétie(4). (1)cf Mt 3,16 Lc 4,18 Ac 4,27 10,38 (2) cf 1P 2,5 2,9 (3) cf 1P 3,15 (4) cf Ap 19,10 LG 35

     Mais le même Seigneur voulant faire des chrétiens un seul corps, où "tous les membres n'ont pas la même fonction" Rm 12,4 a établi parmi eux des ministres qui, dans la communauté des chrétiens, seraient investis par l'Ordre du pouvoir sacré d'offrir le Sacrifice et de remettre les péchés,(5) et y exerceraient publiquement pour les hommes au nom du Christ la fonction sacerdotale. C'est ainsi que le Christ a envoyé ses apôtres comme lui même avait été envoyé par le Père(6) ; puis, par les apôtres eux mêmes il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs,(7) dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un degré subordonné (8): ceux ci sont donc établis dans l'ordre du presbytérat pour être des coopérateurs de l'Ordre épiscopal dans l'accomplissement de la mission apostolique confiée par le Christ. (5) DS 957 961 (6) cf Jn 20,21 LG 18 (7) cf LG 28 (8) cf LG 28

 

  Repérer dans le premier paragraphe la reprise de LG.

 Dans ce corps qu’est l’Église, les prêtres ont une mission particulière (§ 2). D’où leur vient-elle ? Par quelles médiations passe-t-elle ?

 

      Nous retrouvons ici l’expression du lien entre prêtres et évêque. Les évêques sont successeurs des apôtres, comme eux choisis par le Christ pour participer à sa mission. Ils forment un collège de même que les apôtres formaient le groupe des Douze.

     Les prêtres ne sont pas un groupe sous l’autorité des évêques. Ils sont coopérateurs de l’Ordre épiscopal. Dans le diocèse, les prêtres sont « autour de l’évêque ». Un même sacrement les unit. Le concile en tire des conclusions :

PO 7     Que les évêques donc, à cause du don de l’Esprit Saint que les prêtres ont reçu à leur ordination, voient en eux des auxiliaires et des conseillers indispensables dans leur ministère et leur charge de docteurs, sanctificateurs et pasteurs du Peuple de Dieu [57]. C’est ce que soulignent fortement, dès les origines de l’Église, les textes liturgiques qui demandent solennellement à Dieu, pour celui qu’on ordonne prêtre, l’envoi de « l’esprit de grâce et de conseil, afin qu’il assiste le peuple et le gouverne avec un cœur pur

    En raison de cette communion dans le même sacerdoce et le même ministère, les évêques doivent donc considérer leurs prêtres comme des frères et des amis [61], et se préoccuper, autant qu’ils le peuvent, de leur bien, matériel d’abord, mais surtout spirituel. Car c’est à eux, avant tout, que revient la grave responsabilité de la sainteté de leurs prêtres [62] ; ils doivent donc se préoccuper activement de la formation permanente de leur presbyterium [63]. Qu’ils sachent les écouter volontiers, les consulter même, et parler avec eux de ce qui concerne les exigences du travail pastoral et le bien du diocèse. Pour que cela devienne effectif, on établira, de la manière la plus adaptée aux conditions et aux besoins actuels [64] un conseil ou sénat de prêtres, représentant le presbyterium [65]

 

     Peut-être avez-vous entendu parler du conseil presbytéral ? Voir dans la revue du diocèse les comptes-rendus de ses rencontres.

    Solidarité entre les prêtres

Dans les célébrations, comment voyez-vous cette relation proche entre évêque et prêtres ?

Et dans l’activité pastorale ?

 

 

22 –     Condition des prêtres dans le monde ou commune dignité et différents.

     Nous avons vu dans le chapitre Lumen Gentium que tous, dans le peuple de Dieu, avaient égale dignité. Nous ne sommes plus dans une conception hiérarchique de l’Église ; elle est présentée comme peuple de Dieu. C’est l’Esprit Saint qui fait l’unité de tous les membres. Cf LG 32. Les évêques insistent : l’Église n’existe pas pour elle-même. Sa mission est de faire signe dans le monde. Dans cette mission de l’Église, quelle est celle des prêtre

PO 3     Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés [16], les prêtres vivent avec les autres hommes comme avec des frères. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus : Fils de Dieu, homme envoyé aux hommes par le Père, il a demeuré parmi nous et il a voulu devenir en tout semblable à ses frères, à l’exception cependant du péché [17]. Et déjà, il a été imité par les saints Apôtres : saint Paul, docteur des nations, « mis à part pour l’Évangile de Dieu » (Rm 1, 1), atteste qu’il s’est fait tout à tous afin de les sauver tous [18]. Par leur vocation et leur ordination, les prêtres de la Nouvelle Alliance sont, d’une certaine manière, mis à part au sein du Peuple de Dieu ; mais ce n’est pas pour être séparés de ce peuple, ni d’aucun homme quel qu’il soit ; c’est pour être totalement consacrés à l’œuvre à laquelle le Seigneur les appelle [19]. Ils ne pourraient être ministres du Christ s’ils n’étaient témoins et dispensateurs d’une vie autre que la vie terrestre, mais ils ne seraient pas non plus capables de servir les hommes s’ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie [20]. Leur ministère même exige, à un titre particulier, qu’ils ne prennent pas modèle sur le monde présent [21] et, en même temps, il réclame qu’ils vivent dans ce monde au milieu des hommes, que, tels de bons pasteurs, ils connaissent leurs brebis et cherchent à amener celles qui ne sont pas de ce bercail, pour qu’elles aussi écoutent la voix du Christ, afin qu’il y ait un seul troupeau et un seul pasteur [22].

Nous retrouvons ici la préoccupation des prêtres au moment du concile : celle de leur mission dans le monde. Quelle est-elle ? A qui sont-ils comparés?

Noter aussi, dans la suite du texte, l’expression d’une tension à vivre par les prêtres (rendue par « mais », « en même temps ».

Qu’en retenez-vous ? Les laïcs vivent des tensions semblables. Qu’ont-elles de commun avec celles des prêtres ?

 

 

23 – Agir au nom du Christ Tête.

      Nous venons de voir que le concile tient à affirmer que c’est tous ont mission commune. Reste à préciser l’originalité du ministère des prêtres, collaborateurs des évêques.

PO 2 La fonction des prêtres, en tant qu'elle est unie à l'Ordre épiscopal, participe à l'autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps. C'est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s'il suppose les sacrements de l'initiation chrétienne, est cependant conféré au moyen du sacrement particulier qui, par l'onction du Saint Esprit, les marque d'un caractère spécial, et les configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d'agir au nom du Christ Tête en personne (9). (9) cf LG 10

Comment comprenez-vous l’expression : « au nom du Christ Tête en personne » ?

Qu’est-ce qui les rend capables d’agir ainsi ?

Comment comprenez-vous « suppose » (les sacrements de l’initiation) ? Diriez-vous cela pour le sacrement de mariage ?

 

     Dans son développement, le décret définit les fonctions des prêtres. La première est celle de ministres de la Parole. « Le peuple de Dieu est rassemblé d’abord par la Parole de Dieu. C’est la Parole de salut qui éveille la foi dans le cœur des non-chrétiens et qui la nourrit dans le cœur des chrétiens. Les prêtres ont à faire partager à tous les hommes la vérité de l’Evangile dont le Seigneur les a fait bénéficier. » . Cette prédication des prêtres, dans l’état actuel du monde, est souvent très difficile ; si elle veut vraiment atteindre l’esprit des auditeurs, elle ne doit pas se contenter d’exposer la Parole de Dieu de façon générale et abstraite, mais elle doit appliquer la vérité permanente de l’Évangile aux circonstances concrètes de la vie. Il y a donc bien des manières d’exercer le ministère de la parole, selon les besoins différents des auditeurs et les charismes des prédicateurs.

 

Outre la catéchèse et la liturgie, quels sont les lieux où les prêtres partagent la Parole ?

 

La deuxième fonction des prêtres est celle de ministres des sacrements.

     Dieu, le seul Saint, le seul Sanctificateur, a voulu s’associer des hommes comme collaborateurs et humbles serviteurs de cette œuvre de sanctification. Ainsi, par le ministère de l’évêque, Dieu consacre des prêtres qui participent de manière spéciale au sacerdoce du Christ, et agissent dans les célébrations sacrées comme ministres de celui qui, par son Esprit, exerce sans cesse pour nous, dans la liturgie, sa fonction sacerdotale [35]. Par le baptême, ils font entrer les hommes dans le Peuple de Dieu ; par le sacrement de pénitence, ils réconcilient les pécheurs avec Dieu et avec l’Église ; par l’onction des malades, ils soulagent ceux qui souffrent ; et, surtout, par la célébration de la messe, ils offrent sacramentellement le sacrifice du Christ. Et chaque fois qu’ils célèbrent un de ces sacrements – comme l’attestait déjà, aux premiers temps de l’Église, saint Ignace d’Antioche [36] – les prêtres sont, de diverses manières, hiérarchiquement en union avec l’évêque, assurant ainsi en quelque sorte sa présence dans chacune des communautés chrétiennes [37].

 

Pourquoi cette nouvelle référence à l’évêque ?

Si les prêtres agissent au nom du Christ Tête, que font les laïcs ?

 

La troisième fonction des prêtres est celle de chefs du Peuple de Dieu.

     Exerçant, pour la part d’autorité qui est la leur, la charge du Christ Tête et Pasteur, les prêtres, au nom de l’évêque, rassemblent la famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme, et par le Christ dans l’Esprit, ils la conduisent à Dieu le Père [43]. Pour exercer ce ministère, comme pour les autres fonctions du prêtre, ils reçoivent un pouvoir spirituel, qui leur est donné pour l’édification de l’Église [44]. Dans cette œuvre de construction, la conduite des prêtres, à l’exemple de celle du Seigneur, doit être extrêmement humaine envers tous les hommes. Ce n’est pourtant pas selon ce qui plaît aux hommes [45] mais selon les exigences de la doctrine et de la vie chrétiennes qu’ils doivent agir à leur égard, les enseignant et les instruisant comme des enfants, et des enfants bien aimés. (…)

     Comme éducateurs de la foi, les prêtres ont à veiller, par eux-mêmes ou par d’autres, à ce que chaque fidèle parvienne, dans le Saint-Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Évangile, à une charité sincère et active, et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés [48]. (…) On formera encore les chrétiens à ne pas vivre pour eux seuls, mais à savoir, selon les exigences de la Loi nouvelle de charité, mettre au service des autres la grâce reçue par chacun [50], afin que tous remplissent en chrétiens le rôle qui leur revient dans la communauté des hommes.

 

Comment comprenez-vous cette insistance à faire de tous les hommes les destinataires du ministère des prêtres ?

C’est la première fois que nous trouvons le mot « pouvoir ». A qui est-il référé ? Quel est son objet ?

 

 

3 – Les implications : ce que cela change dans la vie de l’Église, les points qui restent en discussion …

 

PO n° 9

Au milieu des baptisés.

     « Le Sacrement de l'Ordre confère aux prêtres de la Nouvelle Alliance une fonction éminente et indispensable dans et pour le peuple de Dieu, celle de pères et de docteurs. Cependant, avec tous les chrétiens, ils sont des disciples du Seigneur, que la grâce de l'appel de Dieu a fait participer à son royaume (cf. 1Th 2,12 Col 1,13 ). Au milieu de tous les baptisés, les prêtres sont des frères parmi leurs frères (cf. Mt 23,8 Paul VI Encycl. Ecclesiam suam), membres de l'unique Corps du Christ dont la construction a été confiée à tous (cf. Eph 4,7 4,16 Const. Apost. VIII, 1,20).

     « Pères et docteurs ». Essayons de comprendre ces termes à la lumière de la parabole du père qui a deux fils (Lc15) et à la lumière de la fonction paternelle dans une famille.

(Voir l’avant dernier paragraphe de LG 28) Il est cité dans le chapitre Lumen Gentium

 

     « La construction du Corps du Christ a été confiée à tous. » (Pour comprendre cette expression, voir 1 Co 12, 12 – 31). Donner des exemples où cela se vérifie dans vos communautés.

Comment et où se fait l’harmonie (l’harmonisation) entre les engagements des uns et des autres ?

 

 

A la tête de la communauté.

     A la tête de la communauté, les prêtres doivent donc faire en sorte de ne pas rechercher leurs propres intérêts, mais ceux de Jésus-Christ (cf. Ph 2,21 ), en unissant leurs efforts à ceux des laïcs chrétiens, et en se conduisant avec eux à la manière du Maître: parmi les hommes, celui-ci " n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude " Mt 20,20. Les prêtres ont à reconnaître sincèrement et à faire progresser la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l’Église. Ils doivent respecter loyalement la juste liberté à laquelle tous ont droit dans la cité terrestre. Ils doivent écouter volontiers les laïcs, tenir compte fraternellement de leurs désirs, reconnaître leur expérience et leur compétence dans les différents domaines de l'activité humaine, pour pouvoir avec eux lire les signes des temps. Éprouvant les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu (cf. 1Jn 4,1 ), ils découvriront et discerneront dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus élevées, ils les reconnaîtront avec joie et les développeront avec ardeur. Parmi ces dons qu'on trouve en abondance chez les chrétiens, l'attrait d'un bon nombre pour la vie spirituelle plus profonde mérite une attention spéciale. Il faut également avoir assez de confiance dans les laïcs pour leur remettre des charges au service de l’Église, leur laissant la liberté et la marge d'action, bien plus, en les invitant quand l'occasion se présente, à prendre d'eux-mêmes des initiatives (cf. LG 37).

 

Ce paragraphe décrit une manière de vivre le ministère presbytéral. Qu’en est-il dans votre communauté ? Dans les groupes ou équipes dont vous faites partie ? Pourquoi en est-il ainsi ?

 

A partir de ce paragraphe, vérifier la pertinence des images qui présentent les prêtres comme « veilleurs » et « éveilleurs ».

 

 

La place des prêtres.

     Bref les prêtres sont placés au milieu des laïcs pour les conduire tous, à l'unité dans l'amour " s'aimant les uns les autres d'un amour fraternel, rivalisant d'égards entre eux " Ro 12,10. Ils ont donc à rapprocher les mentalités différentes, de telle manière que personne ne se sente étranger dans la communauté des chrétiens. Ils sont défenseurs du bien commun, dont ils ont la charge au nom de l'évêque, et en même temps témoins courageux de la vérité, pour que les chrétiens ne soient pas emportés à tout vent de doctrine (cf. Eph 4,14). Ils sont spécialement responsables de ceux qui ont abandonné la pratique des sacrements, voire même la foi, et ils n'omettront pas d'aller vers eux comme de bons pasteurs.

(…)

     Mais de leur côté, les chrétiens doivent être conscients de leurs devoirs envers les prêtres, entourer d'un amour filial ceux qui sont leurs pasteurs et leurs pères, partager leurs soucis, les aider autant que possible par leur prière et leur action : ainsi les prêtres seront mieux en mesure de surmonter les difficultés et d'accomplir leur tâche avec fruit (cf. LG 37). »

 

Comment comprenez-vous ces affirmations du concile ?

 

L’expression « bons pasteurs » renvoie à l’image biblique du Christ bon Pasteur. (Jn 10, 1 – 18)

Comment cette image éclaire-t-elle la vie et le ministère des prêtres ?

 

Quelle expérience avez-vous du souci mutuel qu’ont prêtres et chrétiens ? Porte-t-il sur tous les domaines dont il est question dans ces paragraphes ?

 

Qui doit être à la tête d'une Communauté ?

A qui s'adresse la Parabole du Bon Pasteur racontée dans l’Évangile?

Que faut-il entendre par autorité ?

Qui doit être veilleur et éveilleur ? C'est-à-dire avoir la charge de la « cura »

 

Presbytes / sacerdoce ?

Objectif : donner les éléments pour clarifier ces notions.

A la fin de cette lecture  et tenant compte de ce qui est dit au début de Lumen Gentium qui parle de cela, que devrait être le presbyterium ? Que ne devrait pas être le « sacerdoce » ?

 

 

 

 

 



ANNEXES

     Du concile de Trente (1563) à Vatican II, plus encore que celle de l'évêque, l'image du prêtre a singulièrement bougé. Face aux coups de boutoir de Luther contre le système clérical, Trente avait renforcé une définition du prêtre comme sacer-dos, l'homme qui détient et donne le sacré. Il est fondamentalement le ministre de l'Eucharistie, dont l'autel est moins une table communautaire autour de la Parole et du Pain, que l'espace du sacrifice du Christ. Le sacrement de l'Ordre est idéalisé, jusqu'à devenir l'aboutissement des autres sacrements : être prêtre, configuré au Christ, c'est toucher à la perfection de la vie chrétienne.

     Ce terrain dogmatique _ où la dignité de la personne n'entre pas en jeu, puisque c'est la grâce sacramentelle qui est à l'œuvre _ favorise l'éclosion d'une spiritualité sacerdotale tout aussi idéale, telle que la forgera l'« Ecole française » (Bérulle, Olier, Vincent de Paul...). Le prêtre est alors identifié au Christ grand-prêtre (Epître aux Hébreux), la totalité de sa personne étant imprégnée de cette identité : le sacerdoce est vécu comme un état, et non comme une fonction ou une mission. Cette consécration n'empêche pas le prêtre d'être aussi pasteur _ sur le modèle du curé d'Ars _, confronté à des âmes du salut desquelles il se sent comptable devant Dieu : c'est la mystique du Journal d'un curé de campagne, de Bernanos. Reste cependant une extériorité forte entre l'univers sacerdotal et le monde, qu'à la veille du Concile des prêtres chercheront à surmonter, en partant au STO ou en se faisant ouvriers.

     Vatican II confrontera une telle conception avec celle du « presbytre » et rappellera d'abord qu'un seul est Prêtre (le Christ), puis que tous sont prêtres (sacerdoce commun des fidèles), enfin que quelques-uns sont ministres.

(…)KUBLER Michel La Croix HS décembre 2002 p 46



humanitaire

humanitaire

A-

    La vaste duperie du XXI° siècle débutant: les armes deviennent humanitaires de par le dieu tout puissant de l'argent et du rendement financier. L'axe du mal croise le fer avec l'axe du bien sur la tête des innombrables victimes qui s'explosent dans des fanatiques parties de rêves. Pendant ce temps, chacun encaisse les dividendes de ses actions du fond profond de son fauteuil auréolé d'une sainteté bien méritée: l'action humanitaire participe à la grande lessive de la planète...

Somnolence d'Adam

Somnolence d'Adam

On parle de la somnolence d'Adam, puis de celle d'Abram avant de devenir Abraham. Le mot exact est torpeur...

Adam regrette l'action du Créateur: celui-ci l'a dédoublé, Eve est devenue la chair de sa chair... Le Père avait remarqué un certain ennui chez Adam: il se sentait seul. Il envoya la somnolence sur Adam.

Cette somnolence n'est pas sommeil, ni inconscience de la part d'Adam. C'est du travail plein de délicatesse de la part du Créateur, un accomplissement de sa créature qui pourra ainsi pro-créer.

Le serpent, ou le sexe d'Adam est séduisant, il joue pleinement son rôle d'attirance et de fruit à déguster.

Les deux rôles s'accomplissant créent une intimité à sauvegarder, à ne pas dévoiler: or ils sont nus, Comment faire du camouflage?

La somnolence a bon dos : c'est l'autre que tu as fabriquée qui m'a entraîné dans ce rôle !

La somnolence envoyée par Dieu change la donne du rôle joué par les intervenants.
Il en sera de même pour Abraham : de sa somnolence, il sortira avec la connaissance du nom de Dieu et la connaissance du rôle qu'il a à ,jouer, même s'il est tenté d'en rire !

L'autorité

 A-

       L'autorité s'appuie sur des références qui font autorité: Jésus l'a dit... Mais cette autorité n'a de poids que pour ceux qui entrent dans ces références et acceptent leur valeur référente. L'autorité gagne ses étoiles le jour où elle se relie à son étymologie, elle fait naître à soi-même celui sur lequel elle s'exerce, elle le fait grandir à lui-même et elle l'ouvre au monde à contempler et à construire. Le détenteur de l'autorité est l'auteur d'une création créatrice.

 B -

       L'autorité ne court pas les rues et pourtant elle mène le monde: quel est celui qui l'exerce?

La miséricorde

       Attitude spécifique du Père, qui est là comme une mère à vouloir donner naissance à son enfant, à regarder avec toute la tendresse de l'émerveillement cet autre qui vient de soi et qui n'est plus soi , et comme un père a désiré la croissance d'une vie qui n'est pas sa vie, mais qui participe à sa vie , soif de créateur d'une créature créatrice de vie originée en lui, mais façonnée hors de lui.

La psychanalyse

La psychanalyse est une science.

     Je ne sais pas si les psychanalystes l'affirment, mais c'est l'idée qui court les rues. L'analyse n'a rien de scientifique: le protocole en revêt les apparences objectives, un observateur, un observé, une méthode d'expérimentation « rigoureuse ». L'objet de l'observation déroule sa psyché dans le plus parfait confort et le plus parfait isolement de toute interférence. L'observateur , de son point de vue d'Archimède très personnel, reçoit ce déroulement sans jamais intervenir et du haut de sa situation il l'analyse.

     Tout cela n'est que du théâtre , une mise en scène qui crée l'illusion d'objectivité, une illusion de connaissance. L'observateur , metteur en scène, ne fait que projeter éternellement ses propres schémas, ses complexes, ses propres nœuds sur l'observé qui, lui, par sa parole, se vide de toute substance, de toute consistance.

     L'objet observé en sort vu, vidé, désorienté. L'observateur, voyeur, dans une apparence d'une froide objectivité et dans un verdict final, voit, dépossède, viole le porte-feuille de son client et son âme.

     Si vous trouvez que le mot « verdict » appartient trop au lexique juridique culpabilisant, vous pouvez employer le mot « diagnostic » qui fera plus médical et scientifique.

Aujourd'hui, en science, plus personne ne croit en l'objectivité d'un observateur et de son observation sans y faire entrer toute la part de sa subjectivité...

    Pour moi, aujourd'hui, la psychanalyse, c'est tout le contraire de ce qu'on dit depuis Monsieur Freud: l'aspect objectif de cette forme de thérapie. Par exemple dans cette histoire qui a fait la notoriété de Freud, il faut faire entrer la subjectivité de Freud  et sa relation à son père, à ses parents, à ses patients, ainsi on découvre combien la théorie est biaisée par le vécu de Monsieur Freud, théorie où le Fils qui doit apprendre à tuer le Père, il est sage de se tourner vers la lecture des mythes et nous verrons que  c'est plutôt vers le mythe d'Abraham et d'Isaac réactualisé qu'il faut se retourner et qu'il faut appliquer: c'est le Père, ici l'analyste, qui, au nom de son Dieu, veut tuer son propre Fils, ici son client, après l'avoir vidé de toute substance et transformé en animal docile pris au piège... Heureusement, le client peut se libérer de cette tutelle atroce, abandonner son sacrificateur-psychanalyste à son triste sort ! Il continuera sa vie selon son choix, libéré du regard autoréférencé de l'intrus !

 

Mythe conte et légende

Mythe, Conte, Légende

Couramment les gens parlent de mythe, de conte ou de légende d'une manière indifférenciée ; c'est un mythe, ou c'est un conte, ou encore c'est une légende.

Si tous les trois sont des récits, tous les trois sont profondément différents: ils nous conduisent dans trois domaines distincts.

Des idées mathématiques

Des idées mathématiques...

     Les idées mathématiques sont irrécusables, prétendent les pédants Trissotin. Il faut leur pardonner leur ignorance. Les mathématiques sont un langage et avez-vous déjà vu des langages qui ont des idées? Les langages servent à communiquer, à décrire, à expliquer, à exprimer un jugement, à faire voir, concevoir une idée ( eidon en grec , voir , se représenter) . L'idée est quelque chose qui devient concret, une représentation concrète. Le langage humain, tiré de la nature qu'on sent, qu'on voit, qu'on touche, sert à la concrétisation de l'idée: l'homme a bien compris une idée à partir du moment où il est parvenu à se la représenter.

     L'homme est encore allé plus loin, il a inventé le langage mathématique, qui va au-delà de ce qu'il perçoit; il peut ainsi par ce langage , dépasser l'intelligence des choses, jusqu'à l'épuisement de l'imagination et se téléporter vers un point d'Archimède de son choix.

    De ce point d'observation, grâce au langage mathématique qui n'a rien à voir avec la perception de la nature, l'homme peut entrevoir des réalités sous formes de formules qui se vérifient parfois, qui se vérifieront peut-être un jour!

 

  • Merci Pascal qui , déjà, entrevoyait cette utilisation du langage mathématique.

  • Merci au langage mathématique qui, par exemple, aujourd'hui par l'étude des nombres premiers en expansion fait entrevoir des réalités de l’expansion de la Création...

 

    Le langage mathématique est le langage de l'humilité ouvrant aux infinis Pascaliens !

Le sacrement

Le sacrement

A-

     Tout est sacrement, participation à la vie divine, mémoire dans l'histoire de chaque homme de l'histoire de l'amour de Dieu.

     Certains moments sont là plus précisément des émergences de la présence active de Dieu trine dans notre temps humain: baptême, eucharistie , et des réponses à des appels à entrer dès aujourd'hui dans la vie d'amour trine .

Un objet mathématique

Un objet mathématique

     Encore une expression inadéquate, plus que des idées mathématiques. Reprenez le même raisonnement et vous comprendrez le pédantisme de ces gens qui se veulent savants. La mathématique est un langage, et comme toute langue , le signifiant n'est pas le signifié, la formule n'est pas l'objet concret signifié.

     Les assimilations du signifiant au signifié ont existé et rappellent des périodes ou des situations où pour les hommes de cette culture, le mot désignait la chose, le mot avait les vertus de la chose, le mot était la chose, le prénom était la personne désignée, le mot d'action réalisait l'action: "tue", "meurs" tuait , faisait mourir efficacement. Dans cette structure d’esprit, le mot ne se contente pas de désigner l'action, mais il la réalise: le sorcier et tous les gourous de ce genre, s'arrangent pour aider le mot dans son efficacité.

     Aujourd'hui, cette structure mentale archaïque sort de ses cachettes africaines ou gauloises, elle renaît sous la forme de coachings anglo-américains: jamais son budget n'a été aussi florissant!... Superstitions, sorcelleries, exorcismes manipulent les esprits faibles.

     Heureusement, tout homme sensé n'en est plus là, et ne craint plus les subterfuges, les anathèmes et le bûcher:.

     L'objet mathématique n'existe pas: Trissotin ne nous aura pas!

La sexualité d'Adam

La sexualité d'Adam  

                 

 

     Le dédoublement par le Père Créateur, d'Adam en homme et femme est une réparation de son travail mal fini en tant que Créateur: Il se rend compte qu'Adam s'ennuie dans sa solitude, et sans rien lui demander, sans lui demander son avis, Il le plonge dans une torpeur et de "un" il le fait "deux": ainsi d'une création initiale, il l'améliore notablement en lui donnant la possibilité de féconder et donc de la prolonger...

                                                                                              

      Le serpent au milieu d'eux deux, fait du charme à Eve qui lui cède: elle trouve le fruit tellement beau qu'elle le croque et le partage avec l'homme. Homme et femme, ils découvrent et apprécient le fonctionnement du dédoublement, ils découvrent une intimité qui ne concerne qu'eux deux, le Père en est exclu, ce qui apparemment ne fait pas son affaire, Il ne s'attendait  pas à celle-là, ce qui provoque aussi la surprise de l'homme et de la femme - ils se sont vus fonctionner alors qu'ils pouvaient croire que l'événement se situait uniquement et strictement au milieu d'eux deux, ils voient la surprise du Père: ils n'ont pas eu besoin de Lui pour fonctionner, ils ont fonctionné "en dehors de Lui si je peux parler ainsi"; ce qu'Il a dédoublé marche tout seul et casse l'harmonie singulière de son jardin - . Le Père n'avait pas prévu cela!

    Ainsi, si vous réfléchissez bien, Le serpent de la Tentation n'est pas cette idée toute faite qu'on a enseignée pendant des siècles de catéchisme. Le serpent, c'est ce que le Père a glissé entre les deux. A vous de deviner, vous n'êtes pas idiot!

    Pour la suite , lisez ce que j'ai pu écrire sur le mythe d'Adam et Eve et sur leurs enfants dans la section sur les mythes...

Le projet d'entreprise

Le projet d'entreprise

    Quelle belle expression! On croirait rêver! Notre monde nous prend pour des imbéciles: il voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes!

    Le projet d'entreprise n'existe pas et ne peut exister sous la forme où il est proposé: l'entreprise, peut-elle avoir une finalité? Un objectif choisi au milieu d'une foule d'objectifs réalisables? Peut-elle déterminer les moyens qui lui permettront de réaliser cet objectif choisi?

    L'entreprise est un agrégat d'hommes et de femmes sans projet personnel situé dans une finalité entrepreneuriale. Donc ne cherchez pas la cohésion et ne vous laissez pas enfumer par cette belle expression: chacun est dans l'entreprise pour lui-même, pour son objectif immédiat lié à la loi du marché, son profit ou à la nécessité de survie, son salaire. Aucun n'est capable de se dire la finalité de l'entreprise. Le seul projet qui tienne la route et qui soit affiché, c'est la rentabilité de l'affaire, le produit financier: un seul homme (ou groupe d'hommes) décide pour sa réussite financière immédiate, les autres sont comme les machines ou même moins que les machines dont on se débarrasse en temps utile...

    Et pourtant un projet d'entreprise pourrait exister, si les hommes et les femmes cessaient de se mentir en se regardant le nombril...

    Le projet d'entreprise n'existera que le jour où chacun pourra et s'obligera , vers une finalité commune, à développer son   propre projet dans un objectif choisi et avec des moyens réalisables...

 

L'Institution

L'Institution

      L'institution est un lieu de pouvoir nécessaire à l'ordre, à l'efficacité, à la justice, à toute vie en société...

     C'est comme cela que toute institution se justifie: l'institution politique, l'institution des entreprises, l'institution familiale, l'institution religieuse, etc. Le patron est nécessaire, la hiérarchie est nécessaire, la structure pyramidale est nécessaire. Le pouvoir d'établir un ordre, le pouvoir de se faire obéir pour la bonne exécution de l'ordre justifient amplement l'usage de l'institution dans l'esprit des hommes!

     Cette idée reçue, admise par tous, n'est que le fruit d'une perversion généralisée: l'exécutant se dit libre dans son esclavage, le chef détruit l'égalité qui le relie aux autres, la communauté impose une fraternité limitée à elle-même!

     L'institution au service de l'homme libre, frère universel, sur un pied d'égalité généralisée dans toutes les composantes de son humanité peut exister. Mais elle est encore une utopie même chez les disciples du Christ qui annoncent pourtant le règne de l'Amour absolu...

 

L'honneur

L'honneur,

L'honneur se place au-dessus de tout.

L'honneur éclipse le soleil.

Il nous laisse dormir tranquille

Nous l'inspirons et l'expirons

De nuit et de jour

Il doit prospérer sur nos champs

Nous mangeons et les femmes doivent allaiter avec honneur

L'honneur pour le père est le plus important

Plus important que ses enfants, du moins

il se tient au-dessus de tout, dit le père

L'honneur croît au-dessus de nos têtes

tel un couperet prêt à vous discréditer, à nous éliminer...

 

Version tribale de ce sentiment qui justifie encore aujourd'hui tous les actes les plus barbares, les plus sauvages, les plus fourbes d'une humanité hypocrite qui domine le monde entier.

Le 1er septembre 2016

 

Jésus et les pharisiens d'aujourd'hui

Jésus et les pharisiens d'aujourd'hui

    Les pharisiens de notre temps

    Mais d’où sort-il, cet homme ?

   Certains sont tentés de le montrer comme un type qui a mal commencé et qui a mal fini, et cela est vrai : il n’y a rien de glorieux dans son origine. Il est né dans un peuple de parias, méprisé de tous les voisins. Le nez tordu et épaté de la fouine va alimenter encore bien des siècles de racisme : le rôle de bouc émissaire leur va bien, il ne nous émeut pas trop. Certes nous nous sentons gênés quand des fous politiques décrètent des exterminations un peu trop voyantes. Nous culpabilisons d’une manière démesurée, nous construisons des carmels expiatoires sur les lieux de nos hontes. Nous formulons des demandes de pardon face à un monde qui n’en a rien à faire, mais qui a l’impression d’être soulagé d’un poids où la morale sort renforcée par une absolution autoproclamée.

 

Colonisation

La Colonisation...

 

"Conquête d'un espace sous couvert d'un démarche humanitaire au profit de quelques-uns. Son équivalent dia-historique est l'invasion

"Le colon demande pardon et poursuit sa route. Le colonisé demeure avec sa rage au cœur.

"Il était un jour un prêtre béninois, venu en France dans le cadre du manque de prêtres dans ce diocèse de la couronne de Paris. Il débarque pour faire des études de droit canon à Strasbourg. Son centre d'intérêt est la famille et principalement l'enfant. Pour lui la famille en France est foutue et l'Afrique va venir restaurer le vrai modèle de la vraie solidarité familiale et remettre en place les valeurs ancestrales... Il est à peine arrivé et il y avait urgence, il faut bénéficier de nos hôpitaux pour soigner un si valeureux soldat. 12 mois plus tard son frère viendra bénéficier de cette solidarité française, son évêque lui de son côté atterrira dans un hôpital italien pour venir soigner le mal africain. Sa pastorale en France prend des formes salvatrices pour les couples qu'il reçoit: contre le mal, des formules efficaces exorcisent les futurs damnés de la terre et remplissent ses poches de monnaies sonnantes et non trébuchantes. Notre cher prêtre africain méprise le blanc et lui fait payer son passé colonial. Il ne craint qu'une chose: être renvoyé en Afrique...

 

"A chacun sa corruption!

A chacun sa lutte!

Pour tous la libération!"

 

 

 

 

Certes la croix et le fusil

ont de concert

éventré un monde obscurément envié

civilisation du profit

de tout temps et de tout lieu

et non réservée à quelques blancs

attribution abusive à tous les blancs

de la loi des loups

loups de tout poil du monde entier

Marre à tous les enfermements de pardons et de haines

vive la reconnaissance des bienfaits des uns et des autres !...